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Le carton : Valeur refuge pour les utilisateurs de plv ?




C’est LE matériau incontournable du secteur
de la PLV. Le carton, élément historique de la publicité sur le lieu de vente a vu depuis
des années, passer les évolutions technologiques et l’arrivée de concurrents redoutables tels que le métal et le plastique. Qu’en est-il de son utilisation en ces temps
de crise économique et du boom de l’écologie ? Le point sur ce matériau.


Utilisation croissante du carton

Selon une étude dirigée par le POPAI sur les chiffres de la PLV en 2007, le carton connaît une évolution croissante de son utilisation au cours des dernières années. En 2005, le papier carton représentait 21% en terme de chiffre d’affaires des matériaux utilisés ; en 2006 le pourcentage grimpe à 23% pour atteindre 32% en 2007. Jean-Paul Leininger, directeur commercial chez CPI, a pu constater une demande accrue des réalisations en carton de la part de ses clients, accentuée depuis la fin de l’année 2008. « Il y a un ralentissement des mobiliers et des matériaux permanents utilisés dans la PLV, en faveur des matériaux temporaires. Le carton étant le matériau temporaire par excellence. Il y a deux principales raisons. La première, c'est la disponibilité de ces matériaux temporaires. Un exemple : pour obtenir du métal ou du plastique, il faut à peu près trois semaines de délais, pour obtenir la matière première. Le carton, c'est trois à cinq jours. C'est la première des raisons. La crise a également retardé le dispositif de passage de commandes. Aujourd'hui, l'autorisation de dépense, qui hier était conférée au chef de produits, au directeur marketing, au chef de groupe, maintenant chez une grande partie de nos clients, ces décisions sont montées d'un, de deux voire de trois échelons. Donc il y a une surveillance des sociétés sur leur cash. Du coup, cela met une pression sur les budgets et sur la vitesse pour commander de nouveaux présentoirs et de nouveaux produits. Et comme les présentoirs temporaires en carton sont moins chers que ceux en plastiques et en bois d’environ 30%... » Le carton remporte la mise.


Un coût inégalé

Pour la société Publi Decor, le constat est le même. Il existe bien un changement de comportement au cours de ces derniers mois. « Il est vrai qu’à partir de la fin 2008 ça a été un peu plus tendu, explique Gérard Jouin, PDG de la société Publi Decor.  Les clients commandent plutôt au dernier moment mais on a quand même eu beaucoup de travail. C’est vrai que ça a été plus tendu, au niveau des délais de commandes, c'est-à-dire que l’on a eu des délais qui étaient courts. Quand on avait des commandes à réaliser, c’était à faire tout de suite en fait. Les gens se décidaient vraiment au dernier moment. »
Du côté de l’entreprise Cartonnage Gil, « dans l’ensemble, les demandes restent les mêmes qu’en 2008 » souligne Olivier Paul, directeur général. « Mais, pour certains, nous devons toujours garder la même qualité de production avec un coût moindre, ne parlons pas de ceux qui maintenant vont aux moins disant au détriment de la qualité et du service. Ce phénomène reste limité mais ne valorise pas la qualité de notre profession. »


« On peut tout faire en carton »

Car contrairement aux apparences, le carton comporte de nombreuses possibilités au niveau de la création. Sans pouvoir se mesurer aux matériaux permanents comme le métal et le plastique en terme de longévité, il permet de réaliser un large panel de designs. « On peut tout faire en carton, insiste Jean-Paul Leininger de CPI. Il y a vraiment très peu de limite. Le carton est un matériau très créatif. Évidemment, on ne sait pas faire du carton transparent et le carton comparé aux matériaux permanents, la différence est dans la durée de vie. Si je fais un présentoir qui va durée trois à cinq ans, je ne peux pas le faire en carton. Par contre, s’il faut durer de 3 à 6 mois, je peux utiliser du carton... Je ne peux pas toujours prétendre aux mêmes formes, il y a des petites subtilités, mais le carton permet des choses incroyables. »
En terme de transport, le carton tire également son épingle du jeu. « Il est plus facile de livrer un présentoir de sol en carton à plat dans un étui qu’un présentoir métal, explique Olivier Paul. Effectivement, pour la même présentation avec la même charge de produit, le carton reste le plus économique. En 2010, la taxe carbone va impacter le coût de nos présentoirs, en limitant le volume des PLV (à plat sous étui avec une notice de montage, plus simple qu’IKEA) nous réduisant le volume de transport, un avantage indéniable pour les producteurs de PLV carton, bien sûr produisant en France. »


L’atout développement durable

Pour nombres des acteurs de la PLV interrogés pour ce dossier, non seulement le carton bénéficie d’avantages au niveau des coûts de fabrication, de conception et d’acheminement, mais il présente également d’importantes qualités en terme de développement durable.
« Notre production de PLV carton, qui est le c?ur de notre savoir faire, représente 80 % de notre CA, raconte Olivier Paul, directeur général chez Cartonnage Gil. Je pense que la conception de PLV carton sera plus importante en 2010 pour plusieurs raisons. Nos clients sont de plus en plus sensibles au respect des critères du développement durable, de la taxe carbone et du comportement de leur prestataire dans les « éco-conceptions ». Pour vous donner un exemple concret de la gestion des déchets industriels chez Cartonnages Gil, notre production entre 2004 à 2008 a augmenté de 45%, les chutes de carton récupérées de 33% (en bennes compactées), le bois récupéré + 30% (en benne broyées), le plastique récupéré + 130% (en bennes compactées) et les déchets divers – 68% (en bennes). » Et de souligner les vertus écologiques du papier carton. « Le papier carton a une vertu écologique très importante, le taux de recyclage obtenu dépasse les 75% et il y a bien longtemps que l’on ne détruit plus de forêt pour produire de la pâte à papier. Contrairement aux idées reçues, on ne coupe que peu d’arbres pour l’industrie papetière. Depuis le XIXème siècle, la forêt française a doublé sa surface. Elle retrouve aujourd’hui, grâce à une bonne gestion, la place qu’elle occupait à la fin du Moyen Age ! »

Car les composants mêmes du carton sont fabriqués à partir d’éléments recyclés, soumis à une réglementation précise. « Le développement durable est un autre paramètre qui pousse le carton en avant, confirme Jean-Paul Leininger de la société CPI. Parce que bien souvent il est constitué déjà de composants recyclés. Je pense notamment à tout ce qui est ondulé par exemple. Et de l'autre côté, en matière de cartonnage, vous avez déjà toute une chaîne organisée pour le recyclage avec des labels comme Imprim' vert qui utilise des encres végétales, également pour les vernis... C'est à dire tout ce qui permet de faire une PLV propre qui protège au maximum les nappes phréatiques. Ca aussi c'est un réel avantage pour le carton parce que lorsque l'on fait une PLV en carton pour peu que l'on ait évité de mettre du pelliculage argent, on peut recycler le carton, il est transformé en énergie, c'est à dire qu'il est brûlé et c'est la chaleur qui va être transformée en énergie. C'est une façon de valoriser le carton quand je ne peux pas le recycler parce qu'il a reçu une couche, une encre ou une finition qui ne permet plus de le repasser dans la filière de recyclage. Ce qui progresse beaucoup, en tout cas en Europe, ce sont les qualités carton PFC, des cartons qui respectent la forêt. Ce sont des normes qui assurent que le papier et le carton on été fait sans chlore afin de protéger les nappes phréatiques et pour gérer l'intégrité de la forêt. Lorsque l'on coupe un arbre pour le transformer en pâte à papier, il faut en replanter deux. Dans le nord de l'Europe, les Suédois, les Finlandais, les gros fabricants de papier sont assis sur leurs réserves naturelles et s'en occupe. Sinon ils épuiseraient leurs réserves et dans 25 ans, les Suédois et les Finlandais n'auraient plus d'arbre à nous vendre et à transformer en papier. Cette logique écologique de « je coupe un arbre et j'en replante deux » prend en compte des problématiques sociales, d'entretien des forêts, produire du papier. Tout cela est inscrit dans un cycle à long terme pour ne pas épuiser leurs ressources naturelles. »


Des avancées technologiques

Les qualités écologiques du carton semblent vouer à un bel avenir. Car les considérations environnementales font de plus en plus partie des préoccupations des consommateurs. Et les avancées technologiques qu’elles soient au niveau de la fabrication ou de l’impression de la PLV carton, annoncent également les beaux jours à venir de ce matériau. L’entreprise Cartonnage Gil travaille par exemple « depuis plusieurs mois sur l’élaboration de nouvelle composition de carton, suffisamment résistant pour remplacer des structures métal, explique Olivier Paul, directeur général. Ces nouveaux types de présentoirs doivent être très modulables dans la présentation des produits sur un ensemble standard. Ces compositions spéciales permettent de répondre aux exigences du développement durable et du respect de l’environnement. »

De son côté Jean-Paul Leininger de CPI souligne les avantages du numérique afin de s’adapter aux commandes de plus en plus nombreuses mais aux quantités souvent plus petites. « Quelque chose qui va dans le sens de la crise, c'est l'impression numérique. Avant il y avait les grands classiques qui étaient l'impression offset et l'impression sérigraphique. D'un côté un modèle très large quantité qui est l'offset et de l'autre côté pour de plus petite quantité, la sérigraphie mais qui n'a pas une trame aussi fine, même si la sérigraphie a fait beaucoup de progrès. Par contre entre ces deux techniques, c'est installé une nouvelle technique, assez récente, l'impression numérique, tous supports, carton inclus et qui est une assez bonne solution médiane entre la sérigraphie et le offset. C'est plus fiable, plus propre et moins cher que la sérigraphie, ça c'est un petit progrès. »
Une chose est sûre : longue vie à la PLV carton !


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EuroPV 203 juin 2010

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